
| Zhantai | |
| 2000 – Chine / Japon / France | |
| 154' – 1,85:1 - Couleur - Stéréo - 35mm | |
| Réalisation | Jia Zhang Ke |
| Scénario | Jia Zhang Ke |
| Musique | Yoshihiro Hanno |
| Image | Yu Lik-wai |
| Avec | Wang Hongwei, Zhao Tao, Jing Dong Liang, Tian Yi Yang, Bo Wang... |
| Fiche IMDB | https://www.imdb.com/title/tt0258885 |
| Projection Cinéclub | 10/04/2019 à 12h |
Au moment de passer à la réalisation de son deuxième film Platform, Jia Zhang Ke, cinéaste de ladite « sixième génération » de cinéastes chinois (apparue après les événements de Tian’anmen) souhaite sortir son cinéma de la clandestinité et demande ainsi l’aval des autorités chinoises pour tourner à Fenyang, sa ville natale. Il essuiera un refus notamment dû au retentissement de son précédent film tourné clandestinement. Plat-form sera donc à nouveau un film « underground »1Entretien avec Jia Zhang Ke par Philippe Grangereau, « Mon prof avait peur que je sème la zizanie », Libération, 10 décembre 2013comme le qualifie son auteur, mais dont l’ambition immense de dépeindre l’ouverture de la Chine à travers le destin d’une troupe de musiciens marquera les esprits des spectateurs du monde entier.
De 1979 à 1989, le cinéaste s’attache à étudier dix années de la vie d’un pays et la métamorphose de la société chinoise. Une fresque épique mais intime de plus de trois heures dans sa version initiale, ramenée à seulement deux heures et demi, ponctuée par des chansons significatives, parfaites incarnations de la transformation sociétale chinoise : de la propagande post-maoïste à la pop moderne (soviétique tout de même). Par la musique donc mais surtout, par le parcours des personnages, qui passent d’une vie de troupe à des destins plus ou moins singuliers et solitaires. Les cadres dans lesquels le spectateur les voit évoluer indiquent aussi les scissions et les solitudes, car Jia Zhang Ke s’attache aussi à décrire « l’émergence de l’individu qui remplace le groupe »2Entretien avec Jia Zhang Ke par Michel Ciment et Lorenzo Codelli « Un besoin extrême de tourner ce film », Positif, n°487, septembre 2001, progressivement, dans la société chinoise. Un regard inédit sur la Chine qui fait de ce film une des œuvres majeures du cinéaste et du cinéma chinois.