
| À bientôt j’espère | |
| 1968 – France | |
| 43′ – N&B – Sonore | |
| Réalisation | Chris Marker, Mario Marret |
| Image | Pierre Lhomme, Antoine Bonfanti, Paul Bourron, Harald Maury, Bruno Muel |
| La Charnière | |
| 1968 – France | |
| 13′ – Sonore | |
| Enregistrement et montage | Antoine Bonfanti |
| Classe de lutte | |
| 1969 – France | |
| 40′ – N&B – Sonore | |
| Réalisation | Groupe Medvekine de Besançon |
| Projection Cinéclub | 26/04/2017 à 12h45 |
Le cinéma n’est pas une magie, c’est une technique et une science, une technique née d’une science et mise au service d’une volonté : la volonté qu’ont les travailleurs de s’émanciper »1dans Groupe Medvedkine, Classe de lutte, 1969.. Alors qu’en hiver 1967, Chris Marker est invité à l’usine Rhodia de Besançon, occupée depuis peu, il tourne À bientôt j’espère, un film engagé, donnant la parole à des ouvriers grévistes invisibilisés par le média télévisuel. Quelques mois plus tard, toujours à Besançon, les ouvriers accueillent le film avec réserve. ils le considèrent trop romantique car il tend à « idéaliser la grève au dépend de l’action militante quotidienne ».2BAROT Emmanuel, Camera Politica, dialectique du réalisme dans le cinéma militant, Paris, Vrin, 2009.
Une discussion entre Marker et les ouvriers, enregistrée par l’ingénieur du son Antoine Bonfanti donnera lieu au film sans image La Charnière. Cet enregistrement témoigne d’une prise de conscience nécessaire: « le véritable cinéma prolétarien ne peut être que l’œuvre de prolétaires eux-mêmes »3dans Antonio Bonfanti, La Charnière, 1968.. Les ouvriers décident alors de s’approprier les modes de production du cinéma et créent le Groupe Medvedkine auquel Chris Marker, Joris Ivens, Jean-Luc Godard ou encore René Vautier participeront.
Premier film du collectif de cinéastes ouvriers, Classe de lutte, réalisé en 1968, dénote un basculement important entre cinéma engagé et cinéma militant. Alors que dans À bientôt j’espère, l’ouvrier constate avec amertume le caractère invivable de sa condition, Classe de lutte suit Suzanne Zedet, employée à l’usine Yema qui fait ses classes dans le militantisme. Malgré les mesures d’intimidations du patronat, elle se bat, car c’est la seule alternative qui lui reste. Ce film, premier d’une série de quatorze, utilise le cinéma de par cette expérience collective et militante comme un outil de résistance au service de la classe ouvrière.