
| 2000 – Royaume-Uni, France | |
| 142' | |
| Réalisation | Arnaud Desplechin |
| Scénario | Emmanuel Bourdieu, Arnaud Desplechin, Claire Mercier ; d’après une nouvelle d’Arthur Symons (1905) |
| Musique | Howard Shore |
| Image | Éric Gautier |
| Avec | Summer Phoenix, Ian Holm, Fabrice Desplechin, Emmanuelle Devos, Frances Barber, László Szabó, Paul Ritter… |
| Fiche Imdb | https://www.imdb.com/title/tt0183056/ |
| Projection Cinéclub | 31/03/2021 à partir de 12h |
Esther Kahn est un film anglais réalisé en 2000 par Arnaud Desplechin, auquel contribue Claire Mercier au début de la gestation du projet. Claire Mercier écrit (pour d’autres films) : « « L’entrée de la jeune femme dans la vie » ou la fable cinématographique n’est-elle pas celle qui (nous) introduit dans le devenir »1MERCIER Claire, La cinéfable, entre drame et récit, L’Harmattan, Paris, 2017, p. 99. Le « devenir » des personnages sur lequel s’étend Claire Mercier dans son ouvrage sur la ciné-fable est parfaitement incarné par le film Esther Kahn.
Pour Claire Mercier, cette dimension de la fable cinématographique est un « mouvement du disparaître immédiat de l’un dans l’autre »2Ibid., p. 100. La jeune Esther, timide et mesquine, semble souffrir d’alexithymie puisqu’elle ne réussit à éprouver de sentiments pour personne. Elle parvient pourtant à poursuivre son rêve et entame une carrière de comédienne. Malgré de belles performances dans de petits rôles au théâtre, elle ne tarde pas à être handicapée par un réservoir absent d’émotions. Un vieil acteur la pousse à s’ouvrir à l’amour et à fréquenter un homme. Elle comble finalement ses manques dans les puissances de la jalousie et de la haine après la trahison de son amant. Comme le souligne Claire Mercier, « la découverte effective du devenir passe par celle du sexe, de la sexualité, du contact avec l’autre, par la confusion des sexes »3Idem. La métamorphose a effectivement lieu. Esther, à la suite de cette expérience douloureuse se mue en une comédienne qui vit du « réel » au lieu de l’imiter au théâtre. La puissance des sentiments fait d’elle, à mesure qu’elle joue désormais avec ses tripes, une révélation pour le Londres de la fin du XIXème siècle et un sujet anéanti.