Loading. Please wait...

Infos détaillées

The World, the Flesh and the Devil
1959 – États-Unis
95' – 2.35:1 - N&B - 4-Track Stereo
RéalisationRanald MacDougall
ScénarioRanald MacDougall, d'après le roman The Purple
MusiqueMiklós Rózsa
ImageHarold J. Marzorati
AvecHarry Belafonte, Inger Stevens, Mel Ferrer
Fiche IMDBhttps://www.imdb.com/fr/title/tt0053454/
Projection Cinéclub8/04/026

Catégories

Tags

Le Monde, la Chair et le Diable

Apocalypse, ou presque….

Si le péril collapsologique, en forme de menace atomico-soviétique, travaille les névroses du peuple américain au crépuscule des années 1950, il est aussi le terreau le plus fertile des œuvres de Science-Fiction d’après-guerre. Le Monde, la Chair et le Diable joue de son temps, inaugure les canons du genre post-apocalyptique, et de concert nous offre l’une des premières variations hollywoodiennes sur le thème du « dernier homme sur terre ».

À l’aube du 5ème jour, Ralph Burton regagne la surface pour découvrir un monde dépeuplé. Désormais seul maître d’un New York immaculé, Burton n’a qu’à briser la vitrine et choisir une automobile, ou bien jeter la vaisselle par la fenêtre pour échapper aux corvées. La propriété est abolie laissant libre cours au consumérisme boulimique. La liberté absolue et l’inépuisable abondance, ou l’Éden américain.

Seulement, chez Burton, quelque chose fait sans cesse retour depuis les limbes de l’inconscient, contrariant les plaisirs que lui offre pourtant ce mall à ciel ouvert. Film dialectique s’il en est, l’apocalypse y est prétexte à l’essai théorique : Burton est un homme noir, portant sur lui les plaies encore ouvertes de l’histoire des noirs aux États-Unis. Soumis aux compulsions de répétition d’un surmoi ségrégationniste, il suffit qu’apparaisse une jeune femme blanche pour que resurgisse, en forme de simulacre de servitude, l’ordre racial.

Et si ce film-apocalypse ne faisait que révéler aux spectateurs américains les fondements de leur propre société déséquilibrée ? Et si, plutôt que des possibles à venir, Le Monde, la Chair et le Diable ne parlait que de son temps, de l’Amérique jetée dans la lutte pour les droits civiques ? Surtout… Et si McDougall était l’un des premiers à saisir les limites de la Science-Fiction, qui irrémédiablement nous renvoie à l’impuissance de l’humanité à penser un monde radicalement nouveau ?

McDougall clôt le récit en ouvrant le champ des possibles. Il s’agit d’inventer cet ordre nouveau : bienheureux celui qui prétendrait pouvoir le penser ; le cinéaste se garde bien de le décrire.

Pierre Bary
Le Monde, la Chair et le Diable - Bande-annonce

 

Lire Détails Détails Like

Partagez sur vos réseaux sociaux :

Ou copiez et partagez simplement cette url :
Articles similaires